Google Stacking, les liens Google qui comptent
David Touzet5 août 202616 min de lectureLe Google Stacking promet la même chose dans des dizaines de vidéos. Créez des pages sur les services gratuits de Google, reliez-les, pointez vers votre site, et vos positions montent. On va regarder ça 2 minutes, et vous allez comprendre où part votre temps. Nous avons arrêté de discuter et nous avons mesuré, service par service, avec des commandes que vous pouvez relancer vous-même. Sur les 4 propriétés Google testées, une seule donne un vrai lien. Une. Le reste, c’est de la figuration de luxe.
- Étape 1 · Google Stacking, ce que la méthode promet vraiment
- Étape 2 · Mesurer un lien Google, 3 questions et zéro débat
- Étape 3 · Google My Maps, la carte qui ne transmet rien
- Étape 4 · Google Sites, le seul vrai lien, et il pèse zéro
- Étape 5 · YouTube, le lien qui pointe vers YouTube
- Étape 6 · Google Docs, Slides et Drive, on ne conclut pas
- Étape 7 · Le blog expiré, la partie qui coûte cher
- Étape 8 · Le cloud stacking, des liens à durée de vie limitée
- Étape 9 · Les 3 aveux des vendeurs de Google Stacking
- Étape 10 · Ce qui remplace le Google Stacking, 4 leviers
Google Stacking, ce que la méthode promet vraiment
Bon, on reprend depuis le début, parce que là, c’est plus possible.
Google possède des dizaines de services gratuits où n’importe qui publie une page publique. Sites, Docs, Slides, Drive, My Maps, YouTube. Ces pages vivent sur les domaines de Google. Donc, dit la légende, elles héritent de son autorité.
C’est pourtant pas sorcier, le vice de forme. Le fait qu’une page soit hébergée par Google ne dit rien, mais alors rien du tout, sur la façon dont Google traite les liens qu’elle contient. 2 questions différentes. Une seule décide du résultat.
C’est comme louer un bureau dans la tour d’un grand groupe et en conclure qu’on siège au conseil d’administration. Vous avez l’adresse. Vous n’avez pas la signature.
Ça circule sous 2 noms, d’ailleurs. Google Stacking pour l’empilement, entity stacking pour ceux qui veulent faire savant. Même bricolage, emballage différent.
Mesurer un lien Google, 3 questions et zéro débat
On ne va pas y passer 3 plombes. Pour chaque service, on s’est présenté comme Googlebot, on a demandé la page publique, et on a posé 3 questions.
- L’en-tête X-Robots-Tag. La consigne que le serveur envoie avant même la page. Elle peut contenir noindex, qui interdit l’indexation, et nofollow, qui interdit de suivre les liens.
- La balise meta robots dans le code de la page, qui joue exactement le même rôle.
- La présence d’une vraie balise de lien vers le site cible, et l’attribut qui l’accompagne.
Parce qu’une adresse écrite en toutes lettres dans une page, ce n’est pas un lien. C’est du texte. Vous me dites si je parle chinois, hein, mais c’est toute la différence entre un panneau qui indique la sortie et une porte. L’un vous renseigne. L’autre vous fait sortir.
On a aussi lu le fichier robots.txt de google.com, qui dit ce que le moteur s’autorise à explorer chez lui.
Google My Maps, la carte qui ne transmet rien
On commence par la vedette. La carte.
Nous avons pris une vraie carte, publiée, publique, 990 repères, avec l’adresse du site d’un client répétée dans les descriptions. Du sérieux.
Premier point, et là, honnêtement, les vendeurs ont raison. Le fichier robots.txt de google.com autorise explicitement l’exploration des cartes personnalisées.
Disallow: /maps/
Allow: /maps/d/
La page est donc visitable par le robot qui vient faire l’inventaire. Beaucoup s’arrêtent là et crient au backlink.
Deuxième point, et c’est là que ça se gâte. La page elle-même répond ceci.
x-robots-tag: noindex,nofollow
Et dans son code, la même consigne. Nous avons refait le test avec 3 identités différentes, dont Googlebot et un navigateur ordinaire. Même réponse pour tout le monde. Noindex, la page n’entre pas dans l’index. Nofollow, aucun lien de cette page ne transmet quoi que ce soit.
Troisième point, le coup de grâce. Il n’y a de toute façon aucun lien à suivre. L’adresse du client apparaît 16 fois dans la page, jamais dans une balise de lien. Elle est coincée à l’intérieur des données JavaScript de la carte, sous cette forme.
["description",["\n07 84 54 60 44 · https://www.exemple.fr/"],1]
Les 3 seules vraies balises de lien de la page pointent vers Google lui-même. Ses applications, sa page de connexion, son aide.
Donc on récapitule. Le robot a le droit d’entrer. Il entre. Et il trouve une pièce vide, avec un mot sur la table qui lui dit de ne rien regarder et de ne toucher à rien.
C’est pas un backlink. C’est même pas l’ombre d’un début de backlink.
Elle garde un usage, la carte, soyons justes. Elle se partage, elle est très bien en rendez-vous client, elle sert de support commercial. Sa valeur est devant un humain. Dans l’algorithme, c’est de la figuration de luxe.

Google Sites, le seul vrai lien, et il pèse zéro
Et là, retournement complet. C’est la surprise de cette enquête.
Sur les sites publics que nous avons analysés, les liens sortants sont de vraies balises de lien, écrites en clair dans le code servi au robot.
<a href="https://exemple.com/" target="_blank" style="color: inherit">
Aucun nofollow. Aucun en-tête X-Robots-Tag. Aucune balise meta robots d’exclusion. Le fichier robots.txt de sites.google.com n’interdit que des chemins techniques internes. Le lien est réel, et il est suivi. Sur ce point précis, les vidéos disent vrai.
Bon. On applaudit 2 secondes, et on se calme.
Parce qu’un lien suivi n’est pas un lien qui pèse. Concrètement, ça veut dire quoi ? Une page créée hier, sans visiteur, sans historique, sans le moindre lien pointant vers elle, transmet ce qu’elle possède. C’est-à-dire à peu près rien. L’autorité ne coule pas du domaine google.com vers chaque page qu’il héberge, elle se construit page par page.
Vous avez donc un lien. Un vrai. Qui vaut zéro virgule zéro. C’est un chèque parfaitement valable, signé, daté, tiré sur un compte vide.
Le bon usage de Google Sites n’est donc pas d’empiler des pages vides pour fabriquer des liens. C’est de créer une page réellement utile sur votre marque, votre dirigeant, votre méthode. Le lien devient la conséquence, pas l’objectif.
YouTube, le lien qui pointe vers YouTube
Le plus retors des 4, parce que dans votre navigateur, tout a l’air parfaitement normal.
Dans le code de la page, l’adresse que vous avez placée dans votre description n’apparaît jamais telle quelle. Elle est emballée dans une adresse intermédiaire du domaine YouTube, avec un jeton de sécurité.
https://www.youtube.com/redirect?event=video_description&redir_token=...&q=votre-site
Nous avons appelé cette adresse directement, pour voir. Elle ne renvoie pas chez vous. Elle répond par une page d’avertissement qui demande confirmation avant de sortir de YouTube.
Le lien que lit un moteur pointe donc vers youtube.com. Votre site n’est qu’un paramètre à l’intérieur. Vous avez glissé votre carte de visite dans une enveloppe adressée à YouTube.
Attention, la description n’est pas inutile pour autant. Elle apporte du trafic humain, et ce trafic-là est bien réel. Quelqu’un qui regarde une vidéo en entier et qui clique vaut 100 visiteurs d’annuaire. Simplement, ce n’est pas du netlinking. C’est de l’audience. 2 métiers, 2 budgets. On ne mélange pas.
Google Docs, Slides et Drive, on ne conclut pas
Là, on s’arrête net. L’honnêteté impose de dire où s’arrête la mesure.
Nous voulions tester un document publié sur le web, la fonction qui transforme un Google Docs en page publique. Tous ceux que nous avons trouvés étaient fermés ou supprimés au moment du test, avec des réponses 401 et 404. Donc aucune mesure à présenter sur Docs, Slides et Drive.
Ce qu’on peut dire sans extrapoler tient en 2 points. Le fichier robots.txt de docs.google.com autorise l’exploration des chemins de documents. Et surtout, il ne faut généraliser d’un service à l’autre sous aucun prétexte, puisque 2 propriétés de la même famille donnent ici des résultats strictement opposés.
C’est bien beau de parader, mais derrière, faut repasser. Une affirmation invérifiée balancée sur un blog, c’est exactement la maladie que cet article cherche à soigner. Alors on dit ce qu’on a mesuré, et on se tait sur le reste.
Le blog expiré, la partie qui coûte cher
Une variante revient dans presque toutes les vidéos, et elle mérite un avertissement clair.
Vous rachetez un espace de blog abandonné, souvent sur Blogger, choisi pour son ancienneté et pour les liens qu’il a ramassés au fil des ans. Vous publiez un article en page d’accueil qui pointe chez vous, 2 ou 3 articles de remplissage, une page contact, une page à propos. Pour que ça fasse vrai.
Une page à propos sur un blog racheté pour ses liens. Personne n’est dupe. Surtout pas le moteur.
Et ce n’est pas une zone grise. C’est décrit noir sur blanc dans les règles de Google sur le spam, sous le nom de schéma de liens. Acquérir un espace pour son historique de liens, puis fabriquer une façade de contenu pour justifier un lien commercial, ça coche toutes les cases.
Maintenant, le détail que le vendeur oublie de mentionner. La sanction ne frappe pas le blog racheté, elle frappe le site de destination. C’est-à-dire le vôtre. Le blog coûte 10 euros et se remplace dans l’après-midi. Votre site, non.
Vous jouez donc votre outil de travail pour économiser un vrai lien. Si c’est pour faire du travail de sagouin, autant ne rien toucher.
Même logique pour l’extension de navigateur publiée uniquement pour y glisser un lien suivi. Ça marche mécaniquement, et ça expose votre marque à une action manuelle le jour où quelqu’un la signale.
Si vous voulez savoir où passe la ligne entre optimisation et manipulation, notre article sur les ancres de liens et la règle des 10% détaille ce que Google tolère et ce qu’il sanctionne.
Le cloud stacking, des liens à durée de vie limitée
Même recette, sans Google. Une variante circule sous le nom de cloud stacking et vise les hébergeurs gratuits de pages statiques. GitHub Pages, Netlify, Cloudflare Pages, Backblaze.
Le mode d’emploi ne change pas. Un fichier index.html avec le nom de la marque, un titre, un paragraphe, et surtout le lien vers le site à pousser. On dépose partout, chaque dépôt fabrique une adresse publique de plus.
Nous avons vérifié ces 3 hébergeurs. Aucun n’impose de restriction aux robots, leurs fichiers robots.txt sont ouverts, rien ne bride les liens sortants. Techniquement, ces pages produisent des liens suivis. Techniquement.
Sauf que ces plateformes sont faites pour héberger des projets, pas des pages vides produites à la chaîne pour poser un lien. Leurs systèmes anti-abus repèrent le motif et suppriment les comptes.
Et la meilleure preuve, c’est la démonstration vidéo la plus détaillée que nous ayons vue. En pleine séance, son auteur découvre à l’écran que 2 de ses comptes viennent d’être fermés. Il le constate, il le signale, il passe au suivant. Sans même s’arrêter. Le monsieur vend une méthode qui s’autodétruit pendant qu’il la filme.
Un lien qui s’efface ne vaut pas mieux qu’un lien qui n’a jamais existé. Il vaut moins. Il vous a coûté du temps.
Les 3 aveux des vendeurs de Google Stacking
Le plus instructif dans cette enquête, ce ne sont pas nos mesures. Ce sont leurs propres phrases.
Premier aveu, les liens ne s’indexent pas tout seuls. Un prestataire australien qui vend un service dédié l’explique franchement. Un stack ne sert à rien tant qu’il n’est pas indexé, et il ne l’est jamais spontanément. Son offre consiste donc à créer environ 5000 articles de blog répartis sur 4 niveaux, chacun portant 3 liens vers des adresses tirées au hasard dans votre pile.
Arrêtons-nous là 2 secondes. Si une page hébergée par Google héritait vraiment de l’autorité du domaine google.com, elle serait indexée toute seule. S’il faut 5000 articles de spam pour qu’on la remarque, ce n’est pas de l’architecture de liens, c’est du colmatage à la mie de pain. Et ça démontre exactement l’inverse de ce qui est vendu.
Deuxième aveu, il faut se cacher. Un logiciel vendu 247 dollars par an automatise 8 propriétés Google et met en avant une fonction bien précise, l’usage de plusieurs comptes Google pour que l’ensemble paraisse plus authentique. Le mot est lâché. Ce qui a besoin de paraître authentique ne l’est pas. Et ce qu’on cherche à tromper là, ce n’est pas le visiteur.
Le même outil génère jusqu’à 30 événements d’agenda par jour, chacun contenant l’article et les liens. 30 rendez-vous fictifs par jour, tous les jours. Vous en connaissez beaucoup, des humains, qui lisent l’agenda d’un inconnu ?
Troisième aveu, et celui-là règle la question. L’argent ne vient pas du résultat. Les mêmes vidéos vendent un abonnement logiciel, un service de renforcement, et un programme d’affiliation qui reverse de 10 à 25% à vie sur les commandes des personnes recommandées. Le modèle économique repose sur le recrutement, pas sur les positions obtenues. C’est du blabla de vendeur de tapis, avec un tableau de bord pour faire sérieux.
Aucun de ces 3 points n’est une accusation de notre part. Ce sont leurs mots, dans leurs propres vidéos de vente.
Ce qui remplace le Google Stacking, 4 leviers
Bon. On arrête de commenter et on travaille. Le temps passé à empiler des pages gratuites est du temps retiré à 4 leviers qui, eux, produisent des résultats mesurables. 4 leviers. Pas 10, pas 40.
- La fiche établissement, complète et exacte. C’est le premier facteur de visibilité locale, très loin devant tout le reste. Une catégorie principale bien choisie et des coordonnées justes pèsent plus lourd que 50 pages empilées. C’est gratuit, ça se règle en une heure, vous commencez par là.
- Les citations locales, cohérentes. Le même nom, la même adresse et le même téléphone partout où le moteur va vérifier. Et on corrige l’ancien avant d’ajouter du neuf, sinon vous criez plus fort dans 2 directions opposées. Notre méthode d’audit des citations locales donne la marche à suivre.
- Les mentions dans la presse locale et chez les acteurs de votre secteur. Un article dans un média du coin, un partenariat avec un professionnel voisin, une intervention dans une association. Rares, lents à obtenir, et ce sont les seuls qui déplacent durablement les positions. Oui, c’est plus dur. C’est précisément pour ça que ça marche.
- La présence sur les autres moteurs. Bing alimente les réponses de plusieurs assistants conversationnels. Une fiche Bing bien remplie vous ouvre un public que Google seul ne couvre plus.
Il reste une place pour Google Sites là-dedans. Une seule. Une page réellement utile sur votre dirigeant, votre méthode et vos références, qu’une IA peut lire pour comprendre qui vous êtes. C’est le seul usage de la famille qui tienne debout après examen.
Le Google Stacking n’est donc ni une astuce miracle ni une légende, c’est une étiquette posée sur 6 services qui se comportent différemment, vendue par des gens qui vous expliquent eux-mêmes qu’il leur faut 5000 articles et plusieurs comptes pour la faire tenir debout.
Mesurez avant de croire. Et surtout avant de payer quelqu’un pour le faire à votre place. Allez, au boulot.
Ces 4 leviers ne sont pas une théorie, ce sont ceux que nous actionnons pour nos clients dans être cité par les IA.
Les liens utiles pour refaire les mesures
Gardez ces pages ouvertes si vous voulez vérifier par vous-même.
Questions fréquentes
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